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Aux grands arbres, aux belles plantes...

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waterman

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Le samedi 17 Mai 2008 à 16:03

Le soleil finissait de s’échouer dans la Méditerranée.

La lumière s’estompait lentement et faisait dans le ciel des nuages filants, de rose et de gris, qui contrastaient avec le bleu plus profond de l’azur qui s’assombrissait, découvrant les premières étoiles de la nuit qui tombait sur la Côte d’Azur.

Les loufiats sortaient les lampes sur les terrasses des cafés qui bordaient cette côte devenue plus calme. Plus de rires d’enfants, plus d’éclats de voix des marchands et des badauds…
Le calme de l’apéritif qui précède la tempête de la nuit cannoise…

Comme d’habitude à cette heure, les terrasses opéraient leur changement de clientèle, les thés des mamans et les orangeades des enfants faisaient place à des boissons plus fortes et plus anisées, et des messieurs assez mûrs s’installaient afin d’assister à l’éclosion des tenues légères des femmes noctambules.

François de la Roque et Gautier de Savignac faisaient partie de cette meute discrète et attentive, fidèles à ce rendez-vous de chasseurs d’animaux sauvages, qui, comme en Afrique, attendent près de l’étang que leurs proies accablées de soleil ne viennent se rafraîchir…pour mieux les assaillir !

Chaque jupe, chaque tenue, chaque robe, chaque vison en écharpe, chaque parure de pierres faisait l’objet de leurs regards scrutateurs…et imperceptibles pour leur proie.

L’habitude !
Acquise par des années de célibat à regarder sans en laisser rien paraître…
La routine de deux mâles sûr d’eux et de leurs charmes, de deux amis aussi séduisants que prédateurs…

Certes, des femmes, ils en avaient connu !
Ils étaient eux-même, d’ailleurs, fort reconnus pour cela !
On prenait souvent conseil, avant d’avancer ses feux…

Deux anglaises passaient devant eux, sous deux ombrelles brodées, l’une rose, l’autre vert pâle…
Ils ne levèrent pas même la tête, les ayant repérées de loin et sachant ce qui les attendait de près !

Cependant, ils furent, eux, reconnus, et les sourires « proéminents » qui les saluaient maintenant finirent de les dégoûter parfaitement de la race outre-normande…

-« Regardez, mon cher François, qui approche au loin : Nathalie Le Suije ! »

-« Vous divaguez mon ami, elle est cloîtrée depuis des années par son époux et ne se montre jamais en public ! La dernière apparition de Nathalie Le Suije remonte au bal des débutantes de Monte-Carlo, où la rumeur lui attribue un scandale jamais vérifié ! »

-« Que voulez-vous dire ? Contez-moi cette histoire ! »
-« Chut ! Elle approche ! Regardez mieux, mon cher François…Cette silhouette ne peux vous tromper… »

-« Mon Dieu ! Mais vous avez raison ! Je vous fais mes excuses mon cher Gautier ! Cristi ! Qu’elle est restée belle !! Ces années de mariage malheureux (c’est de notoriété publique) et de maternité exigeante n’ont nullement altéré son port altier ! »

-« Mon cher François, je vais maintenant vous l’avouer, car nous sommes de la même race et du même pedigree…J’ai toujours préféré les femmes un peu fortes ! Physiquement, j’entends. »

-« Mais comme je vous comprends, mon cher ! Dieu nous préserve de la mode anglaise et de ces corps filandreux ! Quelle pitié, de voir ainsi s’exposer des jeunes filles informes, plates comme Waterloo, du devant comme du derrière ! »

-« Waterloo, morne plaine ! Certes ! Et vive la France, Monsieur ! Vive les Françaises et leur géographie vallonnée, accidentée parfois, mais tellement enveloppante ! Quoi ? N’avez vous jamais ressenti, au bras de fluettes demoiselles, la désagréable sensation de ne tenir qu’une branche, quand on voudrait un arbre entier ! Quelle frustration ! La branche vous rafraîchit un instant, vous chatouille le visage et la moustache des mille taquineries que les femmes connaissent, mais l’arbre, lui, est indispensable à l’homme. »

-« Quelle curieuse image ? Je n’y avais pas songé ! J’ai pourtant, comme vous, traversé des forêts entières de femmes !!! »

-« Je ne blâme pas les arbres modestes, les belles plantes…belles aux yeux mais aux lianes toujours traîtresses, vous le savez comme moi !
Les jolies fleurs cueillies pour un soir, qui offrent leur parfum délicieux mais si vite oublié à votre odorat conquis…Mon cher, je peux vous le dire, de toute cette jungle parcourue, de toute cette Amazonie de femme, je retiendrais à jamais la chance qu’il m'a été donné de serrer enfin un grand arbre dans mes bras. »

-« Éclairez-donc ma pauvre lanterne, mon cher Savignac, moi qui n’ai connu ni Eucalyptus géant ni Baobab centenaire ! »

-« Ne vous moquez pas car vous y êtes, précisément : ces arbres sont sacrés et justement vénérés.

Ils imposent le respect par leur taille et leur vigueur.
Ils aident le marcheur à s’orienter.
Ils dominent la forêt qui leur semble soumise.
Ils sont le refuge de tous les êtres qui ont besoin de repos et de sécurité.

Ils les nourrissent et les cachent des dangers.
Ils les enveloppent de leur feuillage abondant, les protégeant du froid et de la pluie, comme du soleil et de l’écrasante chaleur de la vie diurne et agitée.

Oui, mon cher François, ces grandes femmes qui nous choquent par leur corpulence décriée, sont en fait des trésors inestimables pour nous, petits hommes de tout pays… »

-" Et bien ! Mon cher Gautier ! Reprenons une anisette, si vous le voulez bien, car vous m’avez convaincu pour de bon !

Nous partirons ce soir à la découverte de ces arbres magnifiques…si Dieu veut que nous puissions traverser cette plaine azuréenne et son cortège de jeunes pousses ! »

-« Oui, mon cher François ! Buvons un verre…en dégustant ceux de Victor Hugo :


Ô ! Arbres de ces grands bois,
Quand je suis parmi vous,
Je sens quelq’Un de Grand
Qui m’Écoute et m’Aime. "



Waterman,
En hommage à Guy de Maupassant, évidemment...

Aimez-vous les uns sur les autres

Le samedi 17 Mai 2008 à 17:53

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite...cela va sans dire !!;)

"le sexe masculin est ce qu'il y a de plus léger au monde : une simple pensée le soulève " San Antonio

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pégase

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nanabi

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Le samedi 17 Mai 2008 à 19:27

Guy de Maupassant... Quel magnifique hommage !
Merci :)

Ne méprisez la sensibilité de personne, la sensibilité de chacun, c'est son génie. Charles Baudelaire

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waterman

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Le mardi 20 Mai 2008

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waterman

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Le mardi 20 Mai 2008 à 6:54

pégase a dit le 17 2008 à 17:53 :

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite...cela va sans dire !!;)



Bien sûr ! Aurais-je laissé quelques indices ? Suisjeb....ête ! :D

Aimez-vous les uns sur les autres

Le jeudi 05 Février 2009

Le jeudi 05 Février 2009 à 13:05

Je peux témoigner, j'habite le secteur... Ange (A)
Disons que je valide pour le siècle précédent:D

"Tu te trompe toujours sur les gens, et si les gens te déçoivent, c’est de ta faute, c’est que tu avais projeté quelque chose sur eux qu’ils ne sont pas" (Ph. Djian)

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