J'attendais d'avoir un moment calme et propice pour répondre à ce topic dont je trouve le sujet essentiel.
Maman de trois enfants aujourd'hui ados (deux garçons de 16 et 15 ans et une fille de 12 ans), nous avons toujours eu une grande liberté de parole en ce qui concerne le sexe.
Leur papa et moi ayant eu un parcours médical, ils ont été bercés par les airs et les paroles des chansons de salles de garde et les blagues ou jeux de mots "douteux" ne leur ont jamais été épargnés.
Aussi, il a fallu très tôt répondre à leurs questions et satisfaire leur curiosité, le tout de façon la plus objective possible.
Vocabulaire sexuel, MST, toxicomanie, pratiques et attirances diverses: ils ont toujours eu réponses à leurs interrogations et le "guide du zizi sexuel" à disposition en trois exemplaires!
Comme la plupart du temps, les discussions intervenaient à table, seul moment où toute une grande famille est généralement réunie, les explications données étaient livrées aux trois paires d'oreilles en même temps.
J'ai toujours été sidérée par la capacité des enfants à, selon leur âge ou leur intérêt, ne capter et ne retenir que ce que leur sub-conscient leur permettait d'entendre!
Que ce soit à travers nos réponses ou dans leur bouquin, chacun d'entre eux trouvait le niveau de réponse adaptée à leur questionnement, revenant parfois à la charge bien ultérieurement pour un complément d'informations si besoin!
Pour nous qui n'avions aucun tabou à parler de sexe, cela ne posait aucun souci.
C'est aujourd'hui que la situation est plus délicate et non moins essentielle à mon sens.
Si la plus jeune continue de me poser des questions triviales auxquelles je continue de répondre, les deux plus grands sont bien plus pudiques puisqu'il s'agit peut-être d'eux et je ne peux plus me permettre d'aborder le sujet de la même façon avec eux.
Avec mon aîné notamment, qui vit sa première très jolie histoire d'amour avec une demoiselle de 18 mois son aînée...
Si je répondrai toujours très volontiers du mieux que je le pourrai à ses questions "pratiques" ou "techniques" qui ne viennent plus
, je n'aborde plus directement le sujet de la sexualité mais celui des sentiments amoureux et je glisse, je glisse doucement sur la sensualité, lui ouvrant des brèches discrètes...
le confortant dans l'idée que, si je ne me permettrai pas de le questionner sur sa sexualité, je reste cependant disponible pour en parler avec lui s'il en éprouve le besoin.
J'insiste avec lui sur l'importance qu'a pour moi, le sentiment amoureux, sur la chance qu'il a de découvrir ses premiers émois sexuels partagés dans les bras d'un être aimé et aimant.
Je lui parle de ma première expérience personnelle, semblable à la sienne au plan sentimental, de ce que cela m'a apporté mais aussi de ce que cela a entrainé par la suite...
Du prix qu'il aura peut-être à payer pour cela au cours de ses futures expériences. Je prépare le terrain sentimental en quelque sorte! J'essaie de lui ouvrir l'esprit même si je le sens complètement livré corps et âme à sa douce...
Bref, avec l'âge de mes enfants, je change de registre, passant du plan technique et pratique (largement abordé en amont) au plan sentimental et cérébral, que je vois venir en aval!
Et ce d'autant plus que leur Papa est bien moins à l'aise dans ce domaine, bien plus pudique.
Voilà mon sentiment à ce sujet.
Merci DouceEmeline, de l'avoir initié.