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Les poupées artificielles sont connues de tous comme jouets sexuels à part entière. Celles-ci sont désormais menacées d'abandon au profit d'une nouvelle génération d'objets de plaisir : les gynoïdes (robot anthropomorphe de sexe féminin). En effet, la robotique a effectué de grandes avancées au niveau de l'apparence de ses créations. Les mouvements et l'apparence des muscles, de la peau, des cheveux sont désormais presque aussi vrai que nature. Cela a permis à plusieurs sociétés de faire les premiers pas dans la réalisation des "robots sexuels".
Ainsi First Androids a développé Andy. Cette poupée sexuelle high-tech est capable de d'effectuer une fellation à intensité variable. Elle possède des hanches à rotation pour permettre un grand nombre de positions. Son pouls est perceptible, donnant l'illusion d'un corps qui vit. La température de celui-ci est d'ailleurs variable grâce à un chauffage incorporé.

L'Orient Industry s'était fait connaître sur ce marché avec l'Antartica. Cette poupée doit d'ailleurs son nom du fait qu'elle était très prisée par les scientifiques en mission dans l'Antartique sur la base de Showa. Aujourd'hui l'entreprise s'est spécialisée dans la réalisation de poupées hyperréalistes ayant pour modèle de jeunes japonaises.

C'est peut-être la société nippone Axis qui se rapproche le plus du "robot sexuel" avec ses honeydolls. En effet Cindy est dotée de senseurs sur chaque sein. Ainsi en pinçant ses tétons vous déclencherez de petits cris de plaisir. Un tel système permet également à ce modèle de murmurer des mots doux sur commande.

Il existe aussi des poupées artificielles masculines. Cependant les modèles sont bien moins nombreux. Cela s'explique probablement par le fait qu'il existe peu de modèles de sex-toys pour hommes et que la majorité de ceux-ci sont des poupées artificielles. Par ailleurs, les femmes ayant un large choix de sex-toys elles se tourneront moins facilement vers de tels modèles car ils sont assez chers.
Il ne fait pas de doutes que les recherches permettront de nombreuses améliorations techniques dans ce domaine. La gynoïde Repliee Q1, mise au point par Hiroshi Ishiguro en 2005, était déjà capable de battre des cils, simuler la respiration, imiter les mouvements manuels etc. Reproduire une apparence humaine, aidé en cela par des matériaux comme la résine et la silicone chirurgicale, semble accessible à court terme.

Les plus grandes difficultés qui sont à prévoir dans la conception de robots humanoïdes, est de reproduire les comportements humains. Cela demande de réaliser une intelligence artificielle. Par exemple, à l'heure actuelle, les capteurs robotiques sont incapables d'identifier un individu en particulier. Cela pose un réel problème pour une utilisation sexuelle d'un robot humanoïde. Les recherches en intelligence artificielle se heurtent également à la reproduction de capacités comme l'empathie, la compréhension, les émotions.

La communauté scientifique est partagée quand aux délais et à la pertinence de telles applications. David Levy, auteur de "Sex with Robots: The Evolution of Human-Robot Relations", pense que l'on saura reproduire artificiellement les comportements humains dans un futur proche. Selon lui, il nous faudra moins d'un demi siècle pour traiter les robots comme des êtres humains et s'accoupler avec eux.
D'autres sont plus septiques comme M. Kaplan, programmateur du robot-chien de Sony, qui doute que l'homme souhaite vraiment des robots à son image. La sexologue Yvonne K. Fulbright reconnait la viabilité économique de ces produits et affirme qu'il y a un vrai problème avec les robots sexuels. Elle pense que les gens se sentiront des ratés si c'est leur seule solution.
La création de robots humanoïdes imitant le comportement humain pose d'innombrables questions d'ordre éthique plus que techniques. Sans même aborder la problématique du statut juridique d'un robot doté des capacités émotionnelles et intellectuelles humaines, de telles recherches nous amènent à questionner la définition de l'humain. Cette réflexion a déjà été menée par certains auteurs de science-fiction tel que Asimov. Il a ouvert la voie et inventé l'androïde R. Daneel qui servira de compagnon sexuel et affectif à une humaine.

La principale problématique est clairement exposée par David Levy : "Si un robot se comporte comme si il avait des sentiments, qu'est ce qui nous permettra de dire qu'il n'en a pas ? Si les émotions artificielles d'un robot l'incitent à dire des mots comme "Je t'aime", pourquoi ne le croirai-t-on pas si ses autres schémas comportementaux corroborent ses dires ?". On a déjà pu observer avec les chiens-robots à quel point de tels produits pouvaient servir à focaliser l'affectivité des êtres humains.
Les robots sexuels deviendront probablement des produits dont le client pourra déterminer chaque aspect de leur apparence (mensuration, pilosité etc.). Il sera certainement possible de l'adapter à son usage et à son profil en procédant à des réglages : mode initiation, catalogue de positions, téléchargement de fantasmes spécifiques.
De plus, grâce à leur programmation de tels partenaires sexuels ne présenteront aucun des défauts des partenaires humains. Ils ne connaitrons pas de sauts d'humeur, pas de baisse de libido, seront toujours attentifs, disponibles. Avec eux toutes les difficultés de la vie de couple s'évanouissent : pas de chaussettes qui trainent ou de vaisselle pas lavée.
Dans ces conditions, ces produits seront déjà des "super sex-toys". Mais ce qui donne la vraie qualité des rapports sexuels est l'émotion ressentie pour le ou la partenaire. Doit-on, comme M. Levy, se réjouir à l'idée que les avancées technologiques permettront de programmer un comportement amoureux chez des robots ?
Auteur principal : Greluchonne
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