NOUVELLE ROMANTIQUE ÉCRITE A L'ADOLESCENCE
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De retour chez elle, Justine entreprit de répondre à l'annonce. Il fallait qu'elle paraisse motivée, sûre d'elle, fiable... et non pas une jeune fille idiote et naïve, qui ne semble rien connaitre de la vie. Elle établit d'abord son CV, puis elle prit une autre feuille de papier et commença à griffonner.
Justine relut la lettre encore une fois. C'était une réponse assez osée, mais tant pis, elle aimait prendre des risques. La jeune femme souriait toute seule, elle se sentait vraiment très heureuse de partir vers d'autres horizons, elle allait maintenant prendre son envol et cette sensation la grisait.
le lendemain, Justine se renseigna sur les horaires des trains. Le trajet serait long mais il y aurait Alex. Quant au logement, elle téléphona au propriétaire d'une pension de famille, qui était d'ailleurs une charmante dame. Il y avait encore une chambre de libre si elle le désirait. Justine annonça donc le jour de son arrivée.
Elle sortit de l'immeuble et prit la direction de la librairie.
_ Mlle Logan, bonjour !
_ Bonjour Mme Davidson ! Je viens vous annoncer mon départ pour Paris !
_ Comment ! Vous nous quittez déjà ?
_ Oui il le faut ! j'ai obtenu mon diplôme de styliste et je vais pouvoir travailler. J'ai trouvé une annonce dans le journal et j'y ai répondu. Espérons que la chance sera de mon côté.
_ J'espère Justine... Je vous apprécie beaucoup et vos visites dans ma boutique sont des rayons de soleil qui éclairent mes journées.
Les journées dont la libraire parlait étaient particulièrement pénibles. Monsieur Davidson lui menait la vie dure. Ne se contentant de rien, il avait retrouvé des caprices d'enfant. Chaque jour, elle avait droit à sa crise. Il proclamait en gémissant quelque peu qu'il allait mourir... qu'elle appelle le médecin ! Son pouls baissait, disait-il il n'entendait plus son coeur battre... Tout ceci était des balivernes de malade particulièrement difficile. Mais sa femme n'avait que lui et elle l'aimait toujours malgré sa bêtise. Il n'acceptait pas que sa femme soit en bonne santé, et que lui passe ses journées à languir dans un fauteuil roulant...
_ Je reviendrais...
Les yeux de la vieille dame brillaient intensément. Et comme les mots étaient inutiles, elles se jetèrent dans les bras l'une de l'autre et cachèrent leurs larmes secrètement... madame Davidson pensa qu'effectivement la vie n'avait pas encore gâté la jeune fille et qu'il était enfin temps qu'elle connaisse le bonheur. D'un petit signe de la main, la vieille dame dit au-revoir à Justine.
Elle se rendit chez Karl, son ami de toujours. Fébrile, elle sonna à la porte.
_ Entre ! s'écria t-il.
C'était justement lui qui ouvrait la demeure. Ses parents étaient absents pour le moment. On pouvait lire une grande joie sur le doux visage expressif de Karl. C'était rare que Justine venait le voir ainsi, et il dut se douter que ce n'était pas une visite sans raison.
_ Qu'est-ce qui t'arrive ?
_ Karl, je pars lundi pour Paris, je suis venu te dire au-revoir.
_ Et tu me dis ça comme ça ! Comme si c'était la chose la plus naturelle au monde ! C'est pas vrai ! Je ne te reverrais jamais ?
_ Bien sûr que si ! Je ne pourrais certes pas supporter ma vie sans revenir à Pont-Aven.
_ Mais pourquoi Paris, pourquoi si loin ?
_ Comme cela... Car il me faut partir. Et Paris m'attire... Mais mon cher Karl, tu oublies une chose...
_ Quoi donc ?
_ J'ai eu mon diplôme de styliste-créateur.
_ Ouah !
Il la souleva dans ses bras, et lui posa deux bisous sur les joues.
_ Il faut que je me sauve, car si la fille aux cheveux noirs et aux yeux gris passait par là, je ne réponds plus de nos deux corps !
_ Mais comment le sais-tu ? Nous n'avons encore rien dit à personne !
_ Eh bien, ne rien dire, c'est déjà en dire de trop...
Elle rit soudain de cette remarque qui n'avait aucun sens. Mais Karl ne se rendit compte de rien, un sourire errait sur ses lèvres. Et c'est en riant qu'elle quitta le jeune homme, resté perplexe de la remarque de son amie.
Justine rentra chez elle et passa quelques coups de fil aux personnes qu'elle connaissait bien et à qui elle jugeait utile de donner sa nouvelle adresse. Ceci fait, elle descendit à l'office afin de trouver la concierge.
_ Marie !
_ Bonjour Justine !
_ Je vous libère bientôt votre studio !
_ Oh ! c'est vrai ?
_ Oui c'est vrai ! Je pars lundi pour Paris !
_ Eh bien ! En voilà une drôle de nouvelle... A Paris dites-vous ?
_ C'est cela même !
_ Avez-vous trouvé un emploi ?
_ Cela ne saurait tarder.
Marie s'approcha plus près de Justine et lui chuchota à l'oreille
_ Trouvez-vous vite un petit mari pour veiller sur vous...
Auteur : kassa34 © Le samedi 20 Février 2010 à 16:43
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