Accueil > Actualités > Liste des actualités > L'armée américaine s'ouvre à l'homosexualité - La fin du Don't ask, don't tell
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| Le jeudi 22 Septembre 2011 à 10:00
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C'est depuis ce mardi 20 septembre que l'armée américaine a considérablement évoluée au niveau de son approche concernant l'orientation sexuelle. Désormais, il n'est plus nécessaire de cacher son homosexualité ou sa bisexualité pour devenir soldat. En outre, la sexualité ne doit plus être un obstacle pour la vie quotidienne des militaires, les attributions de missions ou leurs évolutions.
Jusqu'à cette date, c'est le "Don't ask, don't tell" (Ne demandez pas, n'en parlez pas) qui prévalait. Cette loi, entrée en vigueur en 1993 sous le gouvernement de Bill Clinton, répondait à une promesse de campagne : Tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle, devaient avoir la possibilité d'intégrer l'armée. Ainsi, il était devenu formellement interdit de parler de sa sexualité dans n'importe quelle circonstances et avec qui que ce soit.
Le "Don't ask, don't tell" était par ce silence forcé une manière d'imposer la présence d'homosexuels ou bisexuels dans le corps de l'armée par omission, première étape avant une acceptation plus franche. En plus de cela, cette loi permettait d'éviter des conflits ou règlements de compte en raison de divergences d'opinion liées à la sexualité.
C'était donc un premier pas en faveur des homosexuels dans l'armée mais qui avait un revers. Car selon cette même loi "L'orientation sexuelle ne sera pas un frein au service militaire à moins d'une conduite homosexuelle manifeste. Les autorités militaires renverront les membres qui s'engagent dans des conduites homosexuelles, c'est-à-dire des actes homosexuels, une affirmation que le membre est homosexuel ou bisexuel ou un mariage avec une personne du même sexe". Il existait donc une certaine contrainte imposant à toutes personnes ayant des rapports sexuels avec une autre de même sexe à observer une discrétion totale. Dans le cas contraire, le soldat concerné était renvoyé ou mis sous pression afin qu'il quitte de lui même le corps de l'armée. C'est notamment ce qui est arrivé à Melvin Dwork lorsqu'en 1944, il s'est fait exclure de l'armée pour ne pas avoir caché son homosexualité. Sur le document de renvoi adressé par ses supérieurs, étaient simplement apposées les mentions "indésirable" et "inapte".
Le 10 octobre 2009, Barack Obama a indiqué qu'il allait mettre fin à la loi du "Don't ask, don't tell". Selon lui "nous ne devrions pas punir des Américains patriotes qui se sont portés volontaires pour servir ce pays. Nous devrions louer leur volonté de montrer tant de courage et de désintéressement au nom de leurs concitoyens, spécialement quand ils combattent dans deux guerres". Suite à ces mots plein de bon sens, le 15 décembre 2010, soit plus d'un an après, la Chambre des représentants a adopté, par 250 voix contre 175, un projet de loi visant à abolir la doctrine "Don't ask, don't tell". Le 18 décembre, le Sénat vote l'abolition définitive de la loi de Clinton par 65 voix contre 31.
Ce fut alors un accouchement difficile malgré une opinion publique très favorable (77 % des Américains selon un sondage du Washington Post en décembre 2010). Il aura en effet fallu plus de neuf longs mois pour que l'armée américaine soit prête à ce changement. Un mini-site sur l'abrogation du "Don't ask, don't tell" a été mis en place sur le site officiel de l'armée américaine. Articles, vidéos, faits à savoir, questions fréquentes, tout est fait pour que cette évolution se fasse en douceur. A voir maintenant si, dans les faits, les mentalités ont réellement évoluées...
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